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Appel à la libération de mon mari Liu Xiaobo Imprimer Email
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Écrit par Administrator   
Dimanche, 26 Avril 2009 20:12

Liu Xiaobo et sa femme Liu Xia

Ecrit, par la femme de Liu Xiaobo, à Pékin
Traduction : Une internaute française 
Source en chinois : boxun

Mon mari Liu Xiaobo est le rédacteur principal de la charte 08. Avant cette charte, il existait une version originale, la charte 77 de Tchéquoslovaquie, qui appelait la Chine à des réformes gouvernementales, dont l’établissement d’une démocratie qui, comme tout le monde sait, garantie les droits de l’Homme. Le 10 décembre 2008 ont été célébrés les soixante ans de la signature de la déclaration des droits de l’Homme dans le monde. C’est aussi à cette date que plus de trois cents citoyens ont signé la charte 08. A ce jour,  elle a dépassé les huit mille signatures.
Il est évident que cette charte suscita de vives réactions parmi les chinois. C’est peut-être la raison pour laquelle les autorités ont considéré que mon mari pouvait mettre en danger le pouvoir politique du pays. Bien que ne l’ayant jamais informé, et sans avoir présenté de mandat d’arrêt, la police emprisonna mon mari. Il est encore enfermé aujourd’hui.


Malgré le fait que Xiaobo se soit mis dans une situation embarrassante, de part sa participation à la rédaction de la charte 08, je suis convaincue qu’il ne regrette pas son geste. Il s’est toujours dévoué corps et âme pour promouvoir la protection des droits de l’Homme, et tout particulièrement pour la protection des personnes les plus faibles. En réalité, c’est déjà la quatrième fois que je témoigne la manière dont mon mari a été emmené : les policiers l’ont traîné de la maison jusqu’à dehors.
Avant cela, il avait participé au mouvement démocratique de la place Tian’an men, ce qui lui a valu six mois de prison. En 1996, il a écrit un article faisant appel à la liberté démocratique, ce pour quoi il se fit à nouveau emprisonner. En 2006, il fut une fois de plus arrêté par la police de Pékin. Il resta douze heures en garde à vue après quoi il fut relâché.

Bien que mon mari et moi connaissions parfaitement les conséquences que pouvaient entraîner la signature de la charte 08, sa détention nous apporta à tous les deux une grande souffrance. Il y a très longtemps, nous nous sommes mis d’accord pour ne pas avoir d’enfant, que ce soit un garçon ou une fille. Voir ses parents se faire emprisonner est quelque chose d’absolument cruel. C’est pourquoi nous sommes seuls. Après l’arrestation de mon mari, nous ne pouvions plus communiquer que par courrier, nous n’arrêtions pas de nous écrire, tout en sachant que les lettres n’allaient probablement jamais arriver. Les quatre mois qui suivirent l’enlèvement de mon mari, les autorités ne nous ont autorisé que deux rencontres. J’étais amenée dans un endroit secret, où mon mari et moi discutions en mangeant, sous l’œil attentif du gardien de prison. C’est durant cet échange que j’ai compris, il était enfermé seul dans une petite pièce, dans laquelle il n’y avait qu’une ampoule au plafond. Je lui ai apporté plus de soixante livres, mais la plupart furent réquisitionnés par les surveillants de la prison. Il m’était insupportable de le savoir délaissé, et malheureux.

Ces temps-ci, je suis inquiète. Le gouvernement prépare son jugement, cherchant à l’accuser d’avoir commis le crime d’«  inciter au renversement du pouvoir ». Les autorités utilisent souvent cette expression pour punir ceux qui n’ont pas la même opinion que le gouvernement. Une fois que ce crime est commis, il faut beaucoup de temps pour que le verdict soit prononcé. La police assigna les témoins, enquêta auprès de presque tous ceux qui avaient signé et perquisitionna notre domicile en vue de déclarer mon mari coupable. Ainsi, ils envoyaient un message clair à tous ceux qui avaient participé à ce mouvement démocratique, leur disant que les autorités ne tolèrent pas tous ceux dont l’opinion diverge de celle du gouvernement.

Je supplie le président Obama d’intervenir dans le procès de mon mari, qu’il manifeste au gouvernement chinois son souhait de libération envers Xiaobo. Il n’a rien fait de mal. Mon grand malheur, et celui d’innombrables partisans de la liberté démocratique comme lui, est que non seulement, il s’est fait emprisonner, mais aussi qu’ils ne peuvent pas passer par la voie normale pour revendiquer.

Qu’Obama ait la bonté de marcher aux côtés de Liu, nous de aider à réaliser nos retrouvailles.

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Mis à jour ( Dimanche, 26 Avril 2009 20:32 )
 
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